Colloques de l’Académie

Transmettre la culture : enjeux et contenus de l’enseignement secondaire au Québec. Devoir ou contrainte? (2011)

Le 29e Colloque des écrivains s’est tenu le vendredi 29 octobre 2011 dans l’auditorium de la Grande Bibliothèque de Montréal.

La direction était assurée par Madame Lise Bissonnette, assistée de  Messieurs Yvan Lamonde et Georges Leroux.

Il peut sembler étrange qu’une Académie des Lettres invite à débattre de la transmission de la culture en donnant à choisir entre devoir et contrainte. Tout naturellement, nous nous situons du côté de la défense et de l’illustration de la culture, donc de l’obligation de la transmettre. Mais en posant la question sous forme d’alternative, nous avons souhaité, sans renier nos convictions, nous éloigner de nos automatismes et accueillir en débat des positions sinon contraires du moins divergentes, qui ont largement cours aujourd’hui autour de l’école québécoise.
Le colloque de 2011 est le deuxième d’une trilogie de rencontres dont la première, en octobre 2010, se présentait comme le socle de ce débat. Nous l’avions consacrée à un état des lieux de la transmission culturelle à l’école secondaire, en analysant les textes et propositions des programmes de formation actuels en quatre domaines : les lettres, l’histoire, les arts, l’éthique et la culture religieuse. Des spécialistes universitaires de ces disciplines nous avaient proposé une lecture de ces programmes tels qu’ils se présentent dans les documents ministériels qui encadrent l’enseignement secondaire au Québec. Le compte rendu du colloque, qui inclut un sommaire des échanges avec la salle, témoigne de l’intérêt et des passions que suscite le virage pédagogique associé à la réforme, notamment quant à son impact sur les contenus culturels proposés aux jeunes Québécois.
La discussion menait tout droit à la question de ce jour. La transmission de la culture est-elle une forme de devoir intergénérationnel ou un cadre contraignant dans la quête de liberté que doit toujours être l’éducation? Nous proposons aujourd’hui une réflexion en deux temps: d’abord des interventions éclairant le cheminement des idées qui ont amené ce dilemme en l’ancrant dans les institutions et les discours, puis un débat qui mettra en présence des approches résolument et radicalement contraires, toutes deux issues des milieux des sciences de l’éducation. Un regard philosophique viendra ensuite repérer les moments charnières de cette réflexion et en tirer d’autres questions. Nous aurons alors à l’esprit le colloque de 2012 qui tentera, malgré les écueils, de formuler sa propre proposition culturelle pour l’école québécoise.

Après avoir dressé en 2010 un constat et une analyse de l’état des lieux des programmes de formation de l’école québécoise, nous avions mis au jour une forte contradiction entre les objectifs élevés et les faibles moyens de la transmission  culturelle dans l’ordre secondaire de l’enseignement, moment crucial où s’installent les repères d’une vie. Le colloque de 2011 s’est par conséquent attaché à éclairer cette vulnérabilité des moyens en s’interrogeant sur les principes pédagogiques sous-jacents. La transmission, qui nous paraît un acte essentiel, est-elle vue, par ceux qui définissent l’école, comme un devoir ou comme une contrainte? L’inévitable affrontement entre les tenants de la réforme pédagogique en cours, qui récusent l’idée de transmission, et ses adversaires qui la soutiennent, a eu lieu. Il n’a pas échappé à la confusion qui persiste autour des véritables objectifs culturels de l’école québécoise. L’Académie des lettres du Québec n’est pas neutre dans ce débat, elle croit à l’obligation de relais identifiables entre générations. Elle souhaite en 2012, au troisième et dernier colloque de la série, arriver aux abords d’une proposition. Nous ne saurions en couvrir tous les angles, certes, mais nous espérons plus modestement préciser des points de ralliement qui serviraient de socle à la nécessaire reprise des travaux sur les programmes, un chantier désormais timidement amorcé en milieu d’éducation.

Cette journée tendra vers ce but plutôt que de prétendre y toucher. Elle en sera une de recherche, en compagnie de penseurs émérites des divers domaines de culture. Ils  ont accepté, loin des prescriptions officielles et des codes, de partager les grandes lignes de contenus d’une transmission contemporaine, dans les cadres réels et virtuels qui sont les nôtres et ceux des générations qui nous suivent. La conclusion prendra  elle-même la forme d’un relais, elle laissera les derniers mots à de jeunes enseignants dont la pratique met chaque jour les idées à l’épreuve du possible.

PROGRAMME

9h00   ACCUEIL
M. Louis Caron
Président de l’Académie des lettres du Québec

9h15   PRÉSENTATION DU THÈME DU COLLOQUE
Mme Lise Bissonnette
Académie des Lettres du Québec

9h30   LA FORMATION DES CANONS CULTURELS
Une approche comparative Europe et  Amérique
M. Georges Leroux
Académie des Lettres du Québec

10h15    DÉLESTAGE ET LESTAGE DANS LA FORMATION
M. Yvan Lamonde
Académie des Lettres du Québec

11h00 PAUSE

11h15 DISCUSSION

12h30 DÉJEUNER

14h00 DÉBAT

             TRANSMETTRE LA CULTURE – DEVOIR OU CONTRAINTE?
M. Normand Baillargeon
Département d’éducation et pédagogie – Université du Québec à Montréal
Mme Louise Lafortune
Département des sciences de l’éducation – Université du Québec à Trois-Rivières

15h30 DISCUSSION

16h30 SYNTHÈSE ET EXPOSÉ DE CLÔTURE
M. Christian Nadeau
Département de philosophie – Université de Montréal