FINALISTE DU PRIX ALAIN-GRANDBOIS 2024

PUBERTÉ

Un recueil de poésie d’Annie Lafleur.

Publié en 2023 chez Le Quartanier.

Puberté met en scène les tribulations de deux amies d’enfance, Annie et la Ménine, qui traversent leur puberté comme un champ de force. L’une se dépense dans une exultation physique où se relancent jeux et dangers, l’autre souffre d’une maladie orpheline, qu’elle cherche à transcender grâce à la puissance de l’imaginaire. Toutes deux éprouvent de plein fouet ce temps des métamorphoses et connaissent la solitude, la cruauté, la révolte, la jouissance et la peur. Éperdu de sensations et d’images, Puberté donne à entendre la fureur d’une langue qui libère la vie et fait de la ville un royaume.. Ce sixième livre d’Annie Lafleur clôt un cycle d’écriture entamé avec Rosebud et poursuivi avec Bec-de-lièvre et Ciguë.

ÉLOGE DE PIERRE NEPVEU

PRÉSIDENT DU JURY

Le livre d’Annie Lafleur accomplit ce que seule la poésie peut réaliser.

Puberté ne raconte ni n’explique la première adolescence : c’est plutôt une voix, torrentielle, véhémente, qui capte de l’intérieur l’expérience d’un corps qui change, de pulsions qui explosent, de désirs qui cognent et qui enragent.

Les poèmes sont d’une seule coulée, les images se multiplient, s’affolent.

Cette cavale est située : Boucherville, ses rues, un dépanneur, un parc, un peu plus loin le fleuve. Et deux amies inséparables, Annie et Ménine, qui ont cessé d’être des fillettes et se découvrent de chair et de sang, de sexe et de douleur. Annie file à vélo à un train d‘enfer, Ménine est confinée au lit par une maladie qui la laisse tantôt languissante et meurtrie, tantôt combative et capable de s’agrandir par le pouvoir de l’imagination. Rien de mièvre ici, aucun repli sur le mal de vivre.

Les deux voix n’en font qu’une, s’unissent dans une même crudité sexuelle, et dans une commune volonté de révolte et de conquête parfois chevaleresque. Cela se passe le temps d’un été, saison où la nature devient charnelle, où les passions s’exacerbent.

Il y a une folle boulimie de cette langue, qui a faim de toutes les choses et les matières du monde et qui ne semble jamais rassasiée.