LAURÉAT DU PRIX ALAIN-GRANDBOIS 2024

LA TROISIÈME À PARTIR DU SOLEIL

Un recueil de poésie de Vincent Lambert.

Publié en 2023 aux éditions Le Quartanier.

Depuis l’enfouissement des histoires qui nous magnifient, l’idée d’une machine à aimer le monde a été avancée. L’engrenage tourne plus ou moins comme prévu. Quelque chose est à l’envers. Nous ne savons pas ce qui nous arrive, nous les fruits d’une plante imperceptible, perdus dans le temps, hantés par une autre source d’énergie. Une force désirante. Elle rayonne aux tréfonds de ce vieux rêve matériel, ne nous laisse pas dormir, nous renvoie chaque jour au vide premier. Au quotidien mystère. C’est de là que j’écris. — V. L.

ÉLOGE DE PAUL BÉLANGER

MEMBRE DU JURY

Il y a dans La troisième à partir du soleil, une vraie fête du langage.

Sous la forme d’un « journal en vers » qu’il tiendra toute une année, Vincent Lambert écrit à partir de la « roche-mère », incarnation même de l’origine. Virtuose, il joue de tous les registres : descriptif, ironique, familier. Posté dans « le pays des choses », son regard tendre et drôle, factuel et métaphysique, reste toujours étonnant.

Ouvrant la porte du frigidaire, on entre dans un conte d’Alice, et les surprises se succèdent ainsi de poème en poème. Les pensées deviennent « choses de pensées ». Un nouveau cosmos se dessine dans le salon et la maison. Le fils de huit ans prophétise : « ça va être / la nuit / la moitié du temps ».

L’enfant sait, l’enfant voit.

Si l’on veut connaître la vérité, il n’y a qu’à s’allonger sous un arbre « la main serrée sur ton éclair / ta ligne de vie ». L’allégorie déplace le lien au réel. L’observation d’un paysage familier conduit au « pur fait d’exister ».

Les mots inventent et se régénèrent en un seul mouvement, qu’il soit d’une année ou d’un seul jour. Le poète sait peu ce qui le motive, mais l’enfant lui donne ses fulgurances qui touchent à la pureté.

Genre de chronique allégorique, finalement, d’une obligation confinée trouvant sa liberté en creusant son trou, un trou pour voir. Tant d’images fortes, au passage de la vie ordinaire, colorent les lieux d’une joie permanente, même avec ses revers et ses peurs.

En fait, ce qui agit au cœur de ce livre, c’est un élargissement du monde et de notre regard. Le « mémonde » est devant nous.