FINALISTE DU PRIX RINGUET 2025

LA PART DE L’OCÉAN

Un roman de Dominique Fortier

Publié aux éditions Alto en 2024.

Alors qu’il est plongé dans la rédaction de Moby Dick, Herman Melville fait la connaissance de Nathaniel Hawthorne, une rencontre qui bouleversera le cours de sa vie et celui de son roman. De cette histoire vraie subsistent aujourd’hui une poignée de lettres qui ont servi de point d’ancrage à La part de l’océan, un livre comme une traversée sans carte et sans boussole.

Au fil des pages, un deuxième échange se tisse entre celle qui retrace la création du grand roman américain et un compagnon mi-réel et mi-inventé, un homme qui est d’abord un poème. Car, en vérité, les écrivains sont faits de trois moitiés. La troisième part, têtue et fragile, est celle du rêve. C’est à elle que l’on doit ce récit éblouissant, traversé de fulgurances, qui raconte le plus beau des naufrages.

ÉLOGE DE GÉRALD GAUDET

MEMBRE DU JURY

Avec La part de l’océan, Dominique Fortier fait vibrer les mots aube, bleu, blancheur comme si avec la manière qu’elle a depuis toujours de faire résonner la langue avec tout ce qui en elle, pour elle, va, vient et se déploie elle pouvait reconnaître tout ce qu’ils portent de séducteurs à même leurs nuances et leurs brouillages en ces régions où le cœur tremble et pourtant continue de rêver, d’admirer et d’aimer… malgré tous les risques et tous les saccages annoncés.

La part de l’océan, c’est l’histoire d’une intime et secrète conversation entre Herman Melville et Nathanaël Hawthorne. Melville admire l’auteur de La lettre écarlate. Il est attiré par lui comme par son propre visage, comme par une histoire d’affection qui ne pourra s’écrire qu’entre la nuit et le matin. Car « il [lui] a ouvert son cœur comme on ouvre une orange, comme on ouvre une blessure ». Comme il ouvrira son cahier d’écriture pour y jeter les mots de Moby Dick et déposer ce qui doit rester secret, ne peut que le rester comme s’il le fallait pour protéger la lumière, l’envoûtement, la poésie.

« Il n’est de nécessaire que l’océan en nous », nous rappelle Dominique Fortier avec ce roman, sa mélancolie, ce qu’on approche et qu’il faut déjà perdre, le mystère restant entier, la tendresse également, l’élégance d’un souvenir, d’une obsession, d’une présence tout autant. « Il n’est de nécessaire que l’océan en nous ». Il n’est de nécessaire que la vie en nous. Il n’est de nécessaire que la tendre affection en nous. Il n’est de nécessaire que Dominique Fortier pour nous le rappeler avec un roman majeur qu’elle a précisément nommé La part de l’océan. Car, selon elle, « écrire, c’est un autre mot pour aimer. »