FINALISTE DU PRIX MARCEL-DUBÉ 2025
ORNITHORYNQUES
Une pièce de théâtre de Johanne Parent
Publié aux éditions Perce-Neige en 2024.
Une pièce au parler cru et authentique où les personnages remontent le temps en quête de vérités qui ne les laisseront pas indemnes.
À mi-chemin entre le canard et le castor, l'ornithorynque est un mammifère ovipare biofluorescent et venimeux. Ornithorynques, c’est aussi ainsi que se décrit une poignée de marginaux réunis le temps d'un été, dans les années 1990, au nord du Nouveau-Brunswick. Sardine, douze ans, navigue entre les frasques de son oncle Steve, le désir de plaire de son meilleur ami Guillaume et le début de l'adolescence... jusqu’à ce qu’un tragique accident vienne tout chambouler. Des années plus tard, un évènement inattendu réunit le trio qui entreprend alors de détricoter le passé jusqu'à en exposer les secrets les plus sombres.
ÉLOGE DE DANY BOUDREAULT
MEMBRE DU JURY
Jennifer, surnommée Sardine, la smart ass au verbe acéré ; Guillaume, le meilleur ami amoureux devenu tétraplégique ; et Steve, l’oncle bad boy, ancien functioning addict en quête de rédemption, trois êtres pas comme les autres, trois âmes cabossées décident de relever ensemble le pari d’élever le bébé de Jen.
La langue crue, percussive, pleine d’images lumineuses de Johanne Parent insuffle à ce trio une humanité vibrante, une complexité et une intensité émotionnelle à fleur de peau. Cette langue pleine de vie nous a enthousiasmés.
Dès le prologue, un dispositif de reconstitution s’enclenche : en s’adressant au bébé à venir, les trois protagonistes rejouent les scènes du passé, en revisitent les blessures, les éclats, tout en restant portés par la lumière de leur lien. Nous avons été profondément touchés par cette ode à la famille inventée, par ce trio improbable de « tout croche » écorchés vifs, d’ornithorynques, « un mot qui vaut cher au Scrabble », comme se plaît à le dire Jen.
Au cœur de ce trio pulse une farouche volonté de réparer la vie, de la transmettre, de la célébrer. Johanne Parent fait dire à Jennifer : « Crisse guys, je sais qu’on est des tout croches, mais me semble que si on est pour réussir ça, ça va être les trois ensemble que ça va marcher. » Et ce pari pris à trois, au-delà des fêlures, se révèle être une déclaration d’amour à la vie elle-même.