FINALISTE DU PRIX VICTOR-BARBEAU 2025
L’ART DE NE PAS TOUJOURS AVOIR RAISON
Un essai de Martin Desrosiers
Publié en 2024 chez Leméac.
Le dialogue démocratique est-il encore possible alors que les médias sociaux et la joute politique favorisent les réactions épidermiques et polarisantes ? Comment sortir du cul-de-sac dans lequel nous sommes coincés et apprendre à discuter d’enjeux sociaux de manière à la fois robuste, inclusive et productive ? Car si nous sommes enclins à vouloir persuader l’autre, nous sommes étrangement démunis quand vient le temps de l’écouter et de nous laisser convaincre. Pourtant, tout échange authentique suppose que nous puissions avoir tort.
Afin de se retrouver dans cette cacophonie, l’auteur propose, avec une lucidité pleine d’humour, une lecture fine de notre époque, de ses limites comme de ses promesses. Convoquant Montaigne, il montre à quel point l’humilité, l’ouverture, la souplesse, la curiosité et l’écoute sont des vertus intellectuelles précieuses, que nous aurions plus que jamais intérêt à cultiver.
ÉLOGE DE PIERRE HÉBERT
MEMBRE DU JURY
Il existe des ouvrages que je qualifierais de nécessaires. L’art de ne pas toujours avoir raison, de Martin Desrosiers, est à n’en pas douter un de ceux-ci.
Nous le constatons chaque jour : nous visons dans un monde polarisé, guerrier, où avoir raison détruit la nuance.
Martin Desrosiers décrit ce problème avec justesse : il « ne tient pas tellement au fait, écrit-il, que l’on se chicane trop, mais que l’on se chicane mal. »
C’est justement pour cette raison que cet essai est nécessaire. Il nous faut réapprendre collectivement à raisonner, tourner dos à la logique guerrière. Nous sortir de L’art d’avoir toujours raison de Schopenhauer. Et retrouver – encore une fois ! – retrouver Montaigne, qui veut que nous ne soyons pas plus savants, mais mieux savants. Comme l’écrit Martin Desrosiers, « le fait d’être intellectuellement adroit n’a jamais été un gage de droiture intellectuelle. »
Il nous faut revoir notre conception du dialogue ; désormais, penser en habitudes et attitudes intellectuelles, et non en habiletés argumentatives. En définitive, seule l’honnête curiosité, celle qui nous déniaise (et je cite l’auteur, ici !), qui nous rend moins niais, nous permettra de penser contre nous-mêmes au besoin, pour nous rendre mieux savants.