FINALISTE DU PRIX RINGUET 2025

AMIANTE

Un roman de Sébastien Dulude

Publié aux éditions La Peuplade en 2024.

Thetford Mines, ville phare de l’industrie de l’amiante québécoise, été 1986. Steve Dubois, neuf ans, et le petit Poulin, dix ans, s’abandonnent aux plaisirs de l’amitié. La belle saison est rythmée d’aventures sur les hauts terrils et d’évasions à travers les paysages mi-forestiers mi-lunaires. Les journées des deux inséparables s’écoulent dans l’oisiveté et l’innocence, sur leurs vélos ou allongés dans leur cabane parmi les pins. Or, l’année 1986 est riche en tragédies, et l’une d’entre elles affecte le cours de la vie de Steve comme nulle autre. Cinq ans plus tard, on le retrouve en proie à son obsession : reconstituer son paradis évanoui.

Maniant une langue précise et sensuelle, Sébastien Dulude fait le récit d’une jeunesse fragile et inflammable dans un American Dream ouvrier en perte d’élan.

ÉLOGE DE FRANCE THÉORET

MEMBRE DU JURY

Un beau roman, d’une écriture fine, sur des sujets rudes et difficiles.

Une histoire en deux parties : l’enfance suivie de l’adolescence. Le roman ouvre sur l’ennui. Il semble impossible de raconter l’ennui, uniquement ce qu’on peut pour le fuir. Cela se passe au cours de l’été 1985, à Thetford Mines dans un quartier populaire situé près d’un paysage dévasté où subsistent une ou deux compagnies et des travailleurs conduisant de gigantesques camions. Steve neuf ans, est effrayé lorsque son père le fait monter dans son camion. Steve ne doit jamais montrer sa peur. Dans une même langue neutre, le narrateur raconte longuement les plaisirs de l’amitié avec Charlélie, appelé « le petit Poulin », au cours de la même saison.

La culture populaire des années quatre-vingt se décline avec des noms d’artistes américains et des gadgets : l’univers masculin du narrateur. À l’adolescence, Cindy, une fille agissante, qui n’a peur de rien s’approche de Steve.

Le milieu exige l’adaptation, autrement le malaise est constant.

Ce roman, riche des détails à propos d’une époque, présente une famille de peu de langage, pour le personnage persiste un désespoir serein avec la mort comme horizon. Amiante est un roman réussi, qui étonne par son éloge tranquille de l’amitié. Le tableau d’ensemble est saisissant.