FINALISTE DU PRIX NICOLE ET ÉMILE MARTEL 2025
LE PROJET ARIEL
Une traduction de Sonya Malaborza selon l’œuvre originale de Catherine Bush.
Publié aux éditions Prise de Parole en 2024.
Les tempêtes remuent le passé.
Un ouragan d’une violence extrême s’abat sur la petite île de La Fougue, au large de Terre-Neuve, où habitent Alan Wells, un climatologue dont la carrière a été décimée par des négateurs des changements climatiques, et sa fille Miranda. Ils y mènent une vie recluse vouée à la cueillette de données météorologiques.
Pendant que la tempête fait rage, entraînant dans son sillage d’importantes inondations et affolant les oiseaux, un groupe de chercheurs en climatologie converge clandestinement vers l’île. En pleine tourmente, un inconnu échoue devant la porte des Wells. Sa présence ravive chez Miranda des souvenirs douloureux et la pousse à s’interroger sur les projets de son père. Au lendemain de la tempête, la jeune femme est précipitée dans un monde méconnaissable, un monde à rapiécer à partir de ses confins.
Avec une écriture qui fait ressentir l’emprise du vent sur une île de l’Atlantique Nord, ce roman inspiré de la Tempête de Shakespeare amène à se questionner sur les méthodes extrêmes auxquelles l’humanité pourrait recourir afin de régler la crise climatique.
ÉLOGE DE SHERRY SIMON, NICOLE BROSSARD ET LOUIS JOLICOEUR
SOUS LA PRÉSIDENCE DE SHERRY SIMON
Ce roman terre-neuvien, une réécriture de la Tempête de Shakespeare à l’ère des changements climatiques, embrasse une grande variété de registres. La traduction est un travail impressionnant, comprenant de belles trouvailles du français parlé de Terre Neuve, des traductions de noms des lieux et des jeux de mot. Au cœur de la tempête, du paysage, des toponymes, les personnages se refont une part de mémoire et d’identité.
Sonya Malaborza excelle partout à traduire la course éperdue du vent, des personnages, de la langue et de ses marqueurs de nuances. Le suspense de cette histoire lente et à la fois pleine de revirements est fort bien rendu, dans une langue riche et élégante, au lexique d’une formidable justesse, et au style changeant magnifiquement selon les nombreux soubresauts de l’histoire, des niveaux de langue et des types de personnage. Un formidable engagement littéraire de la part de la traductrice.