LAURÉAT DU PRIX ALAIN-GRANDBOIS 2023
NUIT NOIRE
Un recueil de Joël Pourbaix.
Publié aux éditions Noroît en 2022.
Fresque spatiale et observatoire de l'immensité, Nuit noire déplie lentement la frontière entre les savoirs scientifiques et l'écriture poétique. Hanté par l'astronautique, la planétologie, l'astrophysique, un homme regarde le ciel, attentif aux confidences de l'obscurité qui s'agite. De Mars à Encelade, de Cérès à Montréal, la possibilité d'une rencontre anime les pas du poème dans ce voyage au cœur de l'infini cosmologique. L'expérience de l'espace défriche de nouveaux chemins en autant de petites failles entre le visible et l'invisible, entre la mémoire des lieux aimés et un futur imaginé depuis l'enfance.
Dans ce nouveau recueil, Joël Pourbaix poursuit son aventure de l'enracinement, vagabondant d'astre en astre, dans une mise à nue du ciel et des paysages qui accueillent l'énigme de la nuit.
ÉLOGE DE PIERRE NEPVEU
MEMBRE DU JURY
Le livre de Joël Pourbaix a pour sous-titre « Cosmologies intimes » : cet oxymore donne d’emblée la mesure d’un projet ambitieux, sans équivalent dans la poésie québécoise, qui tient d’un voyage dans l’espace, d’une épopée de la matière et d’une aventure de l’âme à la fois inquiète et amoureuse, « orpheline de la totalité » et pourtant aimantée par le désir d’être présente au monde. Le mariage de la poésie et de la science, de la méditation métaphysique et de l’astronomie s’y réalise à rebours des facilités et des clichés. Le livre est tout entier imprégné d’un vaste savoir historique, géologique et technique, à quoi s’ajoutent de nombreuses références mythologiques, artistiques et littéraires. Mais ce registre, loin d’être purement didactique, participe d’une scénographie et d’une chorégraphie du visible, qui ne cesse de personnaliser et de dramatiser les figures du ciel le plus lointain. Du même coup, le mystère de cette immensité inhumaine nous parle, le lointain devient proche et l’angoisse de n’être presque rien se trouve transcendée par la tendresse et la dignité d’une présence. En fait, le poète n’a jamais oublié la Terre, ni sa beauté, ni les dangers qui la menacent. À la fin, il marche dans sa rue, sa ruelle, dans un parc où les oies l’éclaboussent de leurs cris. Le poème énonce une sagesse, celle de porter l’énigme du monde et celle, toute simple, de veiller et d’aimer.