Louis Jolicoeur

Louis Jolicoeur

(2017)

« Dans une nouvelle, un récit, un roman – je n’écris pas de poésie, mais j’en ai traduit, alors je pourrais ajouter la poésie –, ce qui m’importe toujours c’est l’atmosphère, l’élan, le souffle, le jeu, le rythme, l’alternance entre la lenteur et le mouvement, le présent et le passé ou l’avenir, l’infiniment petit et l’incommensurable, l’absence et le trop-plein, ou l’attirance, qui est une forme plus tangible de l’absence. Et en traduction, c’est du même ordre : on cherche l’essence de l’autre plus que ses mots, on devine sa visée, on s’en approche, mais sans trop le toucher – Borges disait des Argentins qu’ils se baladent dans la rue comme s’ils avaient un bâton à la main avec lequel il tâterait les autres à une distance toujours respectable (ils auraient fait de bons traducteurs!). Nous jouons ainsi du même bâton, de la même perche. »
— Extrait du discours de réception (2017)