Micheline Cambron

Membre de l’Académie depuis 2017

À propos

Micheline Cambron est née à Montréal. Elle a fait des études en littérature à l’Université de Montréal, où elle a obtenu un diplôme de doctorat en 1988. Sa thèse a été publiée sous le titre Une société, un récit. Discours culturel au Québec 1967-1976.

Professeure au Département des littératures de langue française depuis 1989, elle consacre principalement ses enseignements et ses publications à la littérature et à la culture québécoises des XIXe et XXe siècle. Elle s’est, entres autres, intéressée au théâtre, au récit utopique, aux relations entre littérature et médias, à l’épistémologie des sciences humaines et de la littérature et aux questions d’éducation et de transmission de la culture. Elle cherche à comprendre les relations entre littérature et société, abordant pour cela ses objets dans une perspective interdisciplinaire qui fait une large place à la notion de récit. Elle a également dirigé des publications sur Fernand Dumont et Paul Ricœur.

Micheline Cambron a enseigné en Allemagne et en Italie et été titulaire de la Chaire d’études du Québec contemporain de l’Université Sorbonne nouvelle – Paris 3 en 2009-2010, y organisant entres autres activités le cycle Les créatrices du Québec et le vaste monde . Elle a également contribué à placer la littérature sur la place publique à titre de directrice du Centre d’études québécoises de l’Université de Montréal (CETUQ) puis de directrice du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoise (CRILCQ), qu’elle a cofondé avec Denis Saint-Jacques, organisant ou coorganisant des colloques, des tables-rondes et de nombreuses rencontres littéraires. Elle est membre du comité de rédaction des revues Globe et Recherches sociographiques.

Micheline Cambron a en outre publié 13 ouvrages à titre d’auteure, de directrice ou de codirectrice de publication et codirigé 3 rééditions d’ouvrages anciens, en plus de signer une soixantaine de chapitres de livres, au Canada et à l’étranger. Elle poursuit actuellement des travaux sur l’histoire de la vie culturelle québécoise, la presse de l’entre-deux guerres et les savoirs de la littérature et rédige un ouvrage sur la littérature du XIXe siècle québécois.

Elle est membre de la Société royale du Canada depuis 2013.

© Marianne Charland

Extrait du discours de réception (2017)

« J'avais longtemps repoussé l'idée de devenir professeur. Il me semblait qu'enseigner c'était demeurer à la surface des véritables questions - la justice sociale, la pauvreté culturelle, de développement du sujet, le vivre ensemble. Puis, dans le séminaire de Fernand Dumond, j'vais soudain réalisé le pouvoir de celui ou celle qui ose penser tout haut devant des étudiants. Le risque aussi. Dumont disait qu'il ne fallait enseigner que ce dont on doute un peu. Cela lui venait de Bachelard. J'ai retenu cette leçon, qui donnait rétrospectivement un sens nouveau aux enseignements que l'on m'avait prodigués.

Pour moi l'enseignement est le moteur essentiel.

Il nourrit ma recherche de l'intérieur. »

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