André Vanasse

André Vanasse

(2013)

« La génération actuelle ignore les pas de géant que nous avons accomplis depuis le début des années soixante en ce qui concerne notre patrimoine littéraire. Quand j’ai rédigé mon mémoire de maîtrise, la littérature québécoise occupait une seule étagère dans la bibliothèque de l’Université de Montréal. Les essais, on les comptait sur les doigts de la main: Samuel Baillargeon, Mgr Camille Roy, Séraphin Marion et quelques autres, dont Charles ab der Alden, Français d’origine, qui cessa toute activité après avoir été rabroué par Jules Fournier quand ce dernier lui signifia sèchement que le mot «littérature canadienne-française» n’existait pas dans le dictionnaire! La réponse de M. ab der Alden fut celle d’un chercheur blessé et humilié, mais il ne désarma pas pour autant en terminant sa lettre, publiée dans la Revue canadienne en 1906, par une profession de foi : “ La littérature canadienne existe. Elle est encore frêle, elle a beaucoup à faire, elle n’a pas donné sa mesure, elle nous doit infiniment plus que ce qu’elle nous a donné jusqu’ici. Mais l’enfant est né, l’enfant est viable, et s’il meurt, c’est que vous l’aurez tué, vous les parents.” »
— Extrait du discours de réception (2013)