Carole Fréchette

© Claude Dolbec

Carole Fréchette

(2016)

« Pour que vive un personnage, pour qu’il puisse vibrer de toute son âme sur une scène, quelque chose en moi doit mourir. Un malaise, une douleur, un secret, un regret, une blessure, une colère enfouie, une chose qui gronde et palpite. Je la pose comme une offrande sur ma table de travail, je craque une allumette et je mets le feu. Et c’est ce crépitement, cette chaleur engendrée par ce qui flambe en moi, c’est cela qui crée la vie. Écrire un personnage de théâtre, c’est inscrire ce crépitement sur la feuille pour qu’il puisse enflammer le corps de l’acteur, l’animer, devenir sa respiration. Et si la transmission est réussie, toute la salle est saisie à son tour par cette vibration. Alors s’arrêtent les toussotements et les craquements des sièges, le silence devient plus profond, palpable. Comme si les spectateurs basculaient tous ensemble dans le silence premier, celui qui régnait lorsque l’auteur a posé son offrande sur sa table et craqué son allumette. »
— Extrait du discours de réception (2016)