Daniel Canty

Membre de l’Académie depuis 2017

À propos

Daniel Canty est un écrivain, artiste et penseur qui élabore, depuis la fin du 20e siècle, une œuvre marquée au sceau de l’invention, où l’écriture se prête à toutes les métamorphoses. Son travail, créatif et réflexif, est animé par une « érudition du cœur » (Michael Delisle), qui vise à doucement chambouler les ordres de la matière, de l’être et du temps.

Il a été un des premiers acteurs de la révolution numérique, signant en 1999 l’adaptation Web du livre Einstein’s Dreams d’Alan Lightman.  Depuis, il a créé des livres, des films, des interfaces, des expositions, des installations, des parcours et toute sorte de petites formes plus ou moins inclassables. Ses réalisations — entre littérature et édition, arts visuels et design, cinéma et théâtre — tendent à échapper aux catégories génériques pour affirmer leur vie propre. Il fonde, en 2005, La table des matières, compagnie de création et d’édition, pour encadrer ses activités de « mise en livre », une forme de magie matérielle où l’art de l’écriture renoue avec l’art du livre.

Chaque proposition de Daniel Canty est une invitation à explorer les frontières entre fiction et réalité, à ressentir les latitudes des formes narratives, et à étendre notre fréquence temporelle : la part de passé et de possible qui entre dans la composition du présent. Son travail, qui continue de défier les conventions, est un plaidoyer pour la puissance — et la réalité — de l’imagination.

© Benoit Aquin

Extrait du discours de réception (2017)

« Ce sont ces formes de vie que j'aime par-dessus tout. Et si le métier d'écrivain est pour moi le plus beau métier du monde, c'est parce qu'il permet de faire semblant de tout faire à la fois, parfois aussi de le faire vraiment. J'ai voulu apprendre à croire (sous toutes réserves) à mon époque et à interpréter, depuis la perspective métamorphique qui est celle de l'écriture, les possibilités qui s'y présentent, chercher le courage d'y inventer d'autres temps et d'autres lieux pour la littérature que ceux qui s'offraient à l'évidence. Je semble peut-être me plaindre, c'est, avouons-le, dans le caractère national, mais j'admets, par mes gestes, que la lucidité est plus joyeuse, plus lumineuse que la Grande Noirceur critique.

La vie est ailleurs, n'est-ce pas ? »

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