Jacques Folch-Ribas

Jacques Folch-Ribas

(1986)

« Lorsqu’une langue meurt, par la réduction d’une population ou par la sottise insigne de ceux qui l’abandonnent, le monde s’appauvrit. Il est un tombeau, en pays de Cornouailles, où l’on peut lire sur une pierre tombale cette épitaphe: « Ci-git la dernière femme qui parla le cornique ». C’est un lieu de recueillement pour de nombreux artistes du monde entier. Des poètes, des peintres, des philosophes, y viennent se souvenir qu’avec cette vieille femme ont péri des épopées, des manières, des pensées, en quelque sorte des morceaux d’âme qui firent partie, un jour, des siècles, de la grande âme intemporelle de l’humanité. Nous n’avons pas sauvé les temples d’Abou Simbel pour d’autres raisons que celles-là: ils parlent pierre, et ce langage nous émeut. C’est l’une de nos langues architecturales. Une des patries de l’humanité. »
— Extrait du discours de réception (1986)