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Monique LaRue

(1998)

« Après tout c’est à la littérature de former le public, et non l’inverse. Le dernier refuge serait peut-être dans les universités, là où se trouveraient, comme au Moyen Age, les exégètes capables de dire qui sont les véritables artistes de notre époque, ce que veulent dire leurs textes. Mais s’en remettre aux spécialistes, c’est toujours risquer de se vouer aux débats scolastiques, aux ostracismes et à ces chicanes sur les phrases qui, paraît-il, dégénéraient jadis en conciles sanglants. Il vaudrait mieux, si les choses en sont là, adopter la devise de Joyce: exil, silence, ruse. J’y ai vraiment pensé. Je ne le crois pas. Je crois au contraire que l’art, dans son indépendance essentielle, ne doit jamais se refusera au citoyen ordinaire sous prétexte d’échapper à la bêtise de la foule… »
— Extrait du discours de réception (1998)