Monique Proulx

© Gato

Monique Proulx

(2016)

« Fréquenter de plus en plus souvent cette zone franche, où les fabrications anecdotiques tombent d’elles-mêmes, où ne subsiste qu’une énergie de vie palpitante et toujours mouvante, ne laisse pas indemne. On y développe entre autres une passion pour le silence, un silence qui n’exclut pas le verbe, mais qui exclut le verbiage. On y devient allergique aux artifices, aux représentations, aux jeux de rôles volontaires. On en vient à se méfier de soi-même, de ce personnage qui parle en notre nom et qui revendique des prouesses qu’il n’a jamais faites. Celui qui écrit et celui qui, plus tard, raconte qu’il est celui qui a écrit, sont deux entités différentes. Celui qui écrit, à vrai dire, est tellement nu et dépossédé de ses masques qu’il sent très bien que l’écriture lui vient de plus loin, de plus profond que lui-même. Comment, après l’acte, revendiquer quoi que ce soit ? »
— Extrait du discours de réception (2016)