Pierre Ouellet

© Alexis K. Laflamme

Pierre Ouellet

(2009)

« Ce rôle me convient : mêler brin à brin la parole de nuit à celle de tous les jours, les mots qui ne se voient pas et ne s’entendent plus dans l’obscurité et l’absurdité du monde éteint où on les prononce et ceux qui ne cessent de vrombir ou de bourdonner sur la place publique pour nous distraire de nos angoisses et de nos aspirations les plus profondes, bref, mêler le poème au non-poème, dirait Gaston Miron, faire que la parole et la pensée se frottent à ce qui les nie ou les dénie, faire que le verbe fraye avec l’ennemi, le lourd silence dans lequel il tombe le plus souvent lorsqu’il affronte la chose publique, faire que le jardin croisse au cœur du désert le plus menaçant et que l’Akademeia répande partout autour d’elle les parfums puissants qu’elle cultive dans la langue et dans la pensée pour que notre monde respire autre chose que les odeurs nauséabondes qui ne cessent d’émaner de notre histoire récente. »
— Extrait du discours de réception (2009)