Portrait de Sherry Simon

Sherry Simon

(2010)

« On me prend souvent pour une traductrice, pour des raisons évidentes - j’en parle beaucoup, j’en fais le thème de mes écrits, et j’enseigne les bases de la traduction littéraire à l’université. Je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de me consacrer autant que je le voudrais à ce « corps à corps » avec les mots, selon l’expression de Nicole Brossard. Mais l’identification me plaît. En fait, si je ne suis pas une traductrice au sens propre je suis par bien des façons comme une traductrice et je revendique pleinement ce comme. J’aime les produits de la traduction, ces textes porteurs de deux sensibilités, où s’opèrent parfois des synthèses étonnantes. J’aime l’incertitude, le mélange, mais aussi l’esprit du jeu qui peut intervenir dans l’échange entre textes et tempéraments. J’aime aussi le fait que, même si les traducteurs et traductrices sont tiraillés entre auteur et public, dans l’éternelle difficulté d’accorder une langue à la sensibilité de l’autre, les traducteurs et les traductrices sont des citoyens, habitant pleinement la culture à laquelle ils contribuent.  »
— Extrait du discours de réception (2010)